Imaginez ma peur, mon inquiétude, comment allais-je vivre cette course qui signifiait la fin de mon projet lancé il y a plusieurs mois et qui prenait fin aux pieds de l’Arc de Triomphe parce qu’il ne pouvait pas avoir meilleur endroit pour fêter ça. Mais revenons à vendredi dernier, jour où je rejoins la capitale pour vivre les derniers kms de mon tour du monde. Direction la mecque du coureur à pied, à savoir le marathon expo, supermarché non pas à ciel ouvert mais à ciel fermé de tout ce qui peut rendre le coureur heureux. Il peut trouver là tout ce dont il a besoin et même et surtout tout ce dont il n’a pas besoin. Je ne parle pas bien sûr de toutes les courses qui sont présentées et qui lui feront tellement envie, un peu comme une femme devant la vitrine des Galeries Lafayette. J’en profite pour déposer mes baskets usées au stand d’Africa Run, passage obligé pour la coureuse enragée que je suis devenue. Je passe également chez Brooks récupérer la tenue que je porterai dimanche puisque j’ai eu l’idée saugrenue d’oublier ma jupette et mon tee shirt dans le placard de ma chambre d’hôtel de Buenos Aires. Je n’oublie pas de passer par le stand officiel pour la casquette du marathon, tradition commencée au début de mon tour. Il n’y a que Puerto Montt qui me manque parce que vu la taille de la course ils n’ont pas prévu de casquette. Mais je me suis offert un bonnet chilien ! Je retrouve Eric qui décide qu’il est temps de recharger nos réserves de sucres rapides à coup de macarons au chocolat (mon poids de forme s’éloigne à grands pas…) mais Nadom me l’enlève pour aller faire les boutiques. Heureusement Olivier prend la relève et m’offre un coca glacé pour les calories négatives, me permettant de déculpabiliser à mort pour le macaron précédemment avalé. Bien sur en passant devant le stand Raidlight j’ai discrètement acheté la jupette et le haut assorti pour la course du petit déjeuner mais ce n’est pas ma faute si je n’ai plus rien à me mettre… C’est en dégustant mon coca et en regardant de temps en temps les stands m’entourant que le doute me prend. Peut être est ce aussi le fait qu’Olivier soit là et que forcément nous parlions de Marrakech, le marathon que nous avons vécu ensemble. En tout cas, une chose est sure : j’ai beau repassé les images dans ma tête plusieurs fois, je dois me rendre à l’évidence, j’ai encore oublié mon soutif… « Bouge pas je reviens, j’ai une petite course à faire ». Je n’ai pas besoin d’en dire plus qu’Olivier a déjà compris : « non ne me dis pas que tu as encore oublié ? ». Mais bon là j’ai une excuse en or : il m’en faut un neuf. Tous ceux que j’ai ont maintenant au moins 2 ans et cela fait plusieurs marathons qu’ils m’abîment le dos, il m’en faut un neuf… Je prends également une décision importante : faut que j’en parle à mon psy et ça tombe bien mon psy je le vois le lendemain à la pasta party ! Je vous laisse aller relire le CR de Marrakech pour comprendre l’allusion.

Bref ce n’est pas tout ça, avant que la carte de crédit ne demande grâce il faut partir et surtout rejoindre ma petite sœur qui m’invite dans sa grande bonté au Théâtre. Dieu que cela fait du bien de passer une soirée à rire avec Feydeau. Merci encore Constance ! Bon le seul souci c’est que question régime alimentaire, je n’ai pas vraiment le même style de vie que ma petite sœur (qui n’a de petite que le nom, elle me dépasse de plusieurs cm !). Elle a décidé de fumer et de boire pour 2 mais question heure des repas, ce n’est pas tout à fait conforme à la tradition française. Pour faire court à 20h30 je calme la faim avec des petits beurres achetés au distributeur du théâtre et je finirais par demander grâce vers 1h du mat pour avoir un bol de pâtes dégusté genre vers 2h… Je ne vais même pas être à jeun pour la course du petit déjeuner !!! Je pose la tête sur l’oreiller et il faut déjà se lever. Ok je m’appelle comment déjà ? Ah oui je cours ce matin ? Quoi encore ? Direction l’Unesco avec un petit voyage en métro comme je les aime, plein de rencontres. Je discute avec une coureuse d’origine wallonne mais vivant à Shangaï, un anglais et un monsieur charmant venant directement d’Afrique du Sud. Elle est pas belle la vie !!!

Je retrouve toute la petite bande de CAF et CLM associée. Nous avons réussi à convaincre Nadom à venir se joindre à nous plutôt que de rester au lit et c’est avec son superbe chien que nous allons nous échauffer. Très honnêtement je n’ai pas vu passer cette course. Quelques foulées et c’est déjà fini. Petit détail frustrant pour moi : je dois me sauver tout de suite puisque je suis attendue de nouveau au marathon expo pour une petite intervention en direct sur RMC, la radio partenaire du marathon. Heureusement que je sais que je vais retrouver tout le monde pour la pasta party du midi, cela rend les choses moins pénibles. Je fonce de nouveau au marathon expo et je refonce dans l’autre sens pour revenir au César, notre restaurant fétiche. Je suis ravie de retrouver les copines de CAF, les anciennes comme les nouvelles. Les photos devraient suivre. L’après midi, ok j’avoue je ne fais pas grand-chose… Pas le courage de retourner au marathon expo et c’est avec le Prince Vladimir que je vais laisser passer le temps (c’est le nom du thé voyons !!!). De nouveau une pasta party avec les CLM cette fois-ci parce que plus on est de fous plus on rigole… Je sais surtout que je vais retrouver tous ceux qui ont décidé de vivre mon dernier marathon avec moi et déjà je peux leur dire merci.